Tétramorphe II · Le Taureau
13 juin – 30 septembre 2026
12 septembre : réservé aux invités de la Garden Party13 septembre : fermeture exceptionnelleCet événement est passé
Art
Iris Leroyer est une artiste franco-canadienne, directrice artistique et scénographe, basée entre la France et la Suisse.
À travers une pratique mêlant peinture, sculpture, installation, photographie, vidéo et performance, elle développe des environnements immersifs où se croisent mémoire des écosystèmes, transformations du vivant et phénomènes de résilience.
Issu du spectacle vivant, son parcours nourrit une approche sensible de l’espace, du vivant et de la perception. Ses installations in situ explorent le végétal, les matières organiques et les phénomènes naturels comme des formes vivantes en mutation.
Invitée dans des organisations internationales et institutions culturelles, elle a notamment présenté son travail au Palais des Nations (ONU Genève), à l’Organisation Mondiale du Commerce, à la Saline royale d’Arc-et-Senans ainsi qu’au Manoir de Cologny à Genève.
L’œuvre musicale de Michel Godard accompagne et inspire le travail de l’artiste depuis plusieurs années. Le souffle profond et organique du serpent, instrument archaïque et presque tellurique, ainsi que leurs échanges autour du sacré, de l’écoute et de l’improvisation, nourrissent une réflexion commune autour des liens entre matière, vibration et vivant.
De ces échanges est né le désir d’inviter Michel Godard à collaborer autour d’Opus Carbone. Cette création prendra la forme d’un corpus musical pensé en dialogue avec ses installations visuelles, avant de se prolonger vers une forme scénique et performative.
C’est également à cette occasion qu’Iris Leroyer rencontre le musicien et oudiste Ihab Radwan, dont les recherches autour des musiques modales, de l’improvisation et des traditions musicales orientales entrent naturellement en résonance avec sa démarche artistique.
La démarche d’Iris Leroyer explore les transformations du vivant, les mémoires des écosystèmes et les phénomènes de résilience à travers une pratique mêlant peinture, sculpture, installation, photographie, film et performance.
Développé dans le cadre du projet évolutif Opus Carbone, son travail prend forme à partir de recherches autour des phénomènes de combustion, de stratification, de fermentation et de régénération. Charbon, cire, résines végétales, pigments minéraux, sols brûlés et matières organiques deviennent les éléments d’environnements sensibles où se croisent mémoire fossile, temporalités géologiques et dynamiques du vivant.
Conçues comme des espaces d’expérience et de perception, ses installations interrogent les relations d’interdépendance entre activité humaine, milieux naturels et mutations contemporaines des territoires. À travers une approche à la fois plastique, sensorielle et transdisciplinaire, nourrie par des échanges avec philosophes, chercheurs, scientifiques et musiciens, Iris Leroyer développe une réflexion sur les états de bascule écologique, les phénomènes de transformation de la matière et les formes possibles de résurgence.
Origine Carbone marque le point de départ du projet évolutif Opus Carbone, développé par l’artiste Iris Leroyer autour des transformations du vivant, des mémoires fossiles et des dynamiques de résilience.
Né d’une recherche mêlant matière, paysage et phénomènes de combustion, le projet prend forme à partir d’une intuition fondatrice : considérer le carbone non seulement comme élément scientifique ou ressource énergétique, mais comme une mémoire profonde du vivant. Charbon, bois brûlé, cendres, résines végétales, pigments et matières organiques deviennent les traces visibles d’un monde en mutation.
À travers sculptures, installations, peintures et environnements immersifs, Origine Carbone explore les états de bascule entre disparition et régénération, effondrement et résurgence. Le feu y apparaît autant comme phénomène de destruction que comme processus de transformation, révélant la persistance des formes du vivant à travers le temps. Pensé comme une œuvre évolutive, Opus Carbone déploie une réflexion sensible autour des liens entre matière, mémoire, territoire et devenir écologique.
Iris Leroyer développe une série de peintures-matières où la cire, associée au charbon, à la terre, aux pigments et aux résines végétales, devient le lieu d’une matière en mutation.
Naviguant entre techniques archaïques et gestes contemporains, elle produit des surfaces complexes et instables, traversées par une tension entre densité minérale et fragilité organique. La matière s’y fusionne et se sédimente dans des équilibres instables.
Chaque œuvre apparaît comme un fragment tellurique, une coupe sensible dans l’épaisseur du monde : archive du feu, mémoire fossile, rémanence du vivant. Entre microcosme et macrocosme, chaos originel et émergence d’une harmonie possible, la peinture devient un espace de métamorphose où le carbone, matière du temps, de la combustion et de la régénération, se révèle comme une mémoire commune et un territoire d’attention.
Avec la série Morphogenèse, Iris Leroyer développe un ensemble d’œuvres sur papier où la surface devient un espace de révélation de phénomènes invisibles, de circulations organiques et de processus de transformation. Ces compositions circulaires s’inspirent des dynamiques propres aux levures indigènes, aux processus de fermentation et aux formes de prolifération microscopique. Entre apparition cellulaire, cartographie organique et paysage cosmique, les œuvres oscillent constamment entre microcosme et macrocosme. Pigments, fluides et réactions de matière y produisent des formes instables, proches de membranes, de spores, de constellations ou de territoires en mutation. L’image semble émerger d’elle-même, comme traversée par des forces de croissance, d’effacement ou de régénération. À travers cette série, Iris Leroyer poursuit une réflexion sur les écosystèmes invisibles et les formes de résilience du vivant. La matière devient ici un milieu actif, traversé par des phénomènes de mémoire, de transformation et d’interdépendance.
Relique Fossile rassemble un ensemble d’œuvres où fragments végétaux, branches, bois brûlés et empreintes organiques apparaissent suspendus dans la matière comme des vestiges du vivant.
Entre stèle contemporaine et présence totémique, la série réunit des fragments et traces du vivant retenus dans un état suspendu entre disparition, mémoire et fossilisation. Les sculptures semblent traversées par une temporalité incertaine où se croisent survivance, effacement et conservation organique.
Des zones de transparence se révèlent comme des failles de mémoire, laissant apparaître empreintes fragiles, résines végétales, vestiges organiques et présences silencieuses.
La lumière semble y demeurer retenue dans la matière elle-même, comme une révélation discrète : une trace, une survivance, une mémoire suspendue dans l’épaisseur du temps. À travers cette série, Iris Leroyer poursuit une réflexion autour des phénomènes de fossilisation du vivant, des mémoires enfouies et des tensions entre disparition et persistance.
Musique
Le projet Doux Désirs réunit le jazzman Michel Godard et le oudiste Ihab Radwan dans une rencontre créative entre l’Orient et l’Occident, où l’improvisation occupe une place centrale.
Leurs langages musicaux partagent de nombreux points communs : la modalité, l’ornementation, l’improvisation et la spontanéité. Dans cet espace commun, les deux artistes instaurent un dialogue continu. Ihab Radwan improvise autour des compositions de Michel Godard, tandis que Michel Godard répond en improvisant sur les thèmes égyptiens proposés par Ihab Radwan.
Il en résulte un voyage musical fluide et ouvert, où le serpent, souple et proche de la voix humaine, rencontre l’oud, instrument qui chante, murmure et raconte. Leur rencontre est à la fois artistique et essentielle : un espace d’échange où deux traditions se fondent en une expression musicale en constante évolution.
Musique
Créateur et chercheur, Michel Godard explore les liens entre les siècles, les traditions et les cultures musicales. À travers la pratique de l’improvisation et des collaborations avec des musiciens de tous horizons, il développe un langage musical fondé sur l’ouverture et l’échange.
Tubiste de formation classique, il est devenu une figure essentielle des ensembles de jazz européens. Il redécouvre ensuite le serpent, instrument oublié et ancêtre du tuba, qu’il enseigne aujourd’hui au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (CNSM).
En collaboration avec le facteur d’instruments Stefan Berger, Michel Godard contribue à la redécouverte et à l’intégration du serpent dans ses compositions ainsi que dans ses ensembles baroques. Ces recherches lui permettent de relier les univers sonores historiques aux pratiques musicales contemporaines.
Aujourd’hui, son travail peut être décrit comme une alchimie de cultures musicales. Par cette synthèse, Michel Godard crée une musique intemporelle, ouvrant de nouvelles perspectives aux générations futures de musiciens, chercheurs et compositeurs.
Musique
Ihab Radwan a étudié la musique classique au Conservatoire du Caire dès l’âge de cinq ans. Après une carrière musicale accomplie en Égypte, il s’installe en France comme soliste et compositeur.
Il participe à des projets internationaux majeurs, notamment Mozart l’Égyptien, dirigé par Hughes de Courson, qui connaît un succès mondial avec plus de trois millions d’exemplaires vendus. Il contribue également au projet Magic Lutes, une production d’envergure commandée par la Princesse du Qatar, réunissant dix instrumentistes à cordes du monde entier ainsi que l’Orchestre Philharmonique du Qatar.
Ihab Radwan compose également pour le cinéma, notamment la musique originale du film Love’s Improvisations, récompensée par le prix de la meilleure bande originale au Dubai International Film Festival. Son travail s’inscrit dans des projets de métissage musical, incluant des collaborations dans le jazz oriental avec Herbie Hancock et le batteur égyptien Yehia Khalil. Il collabore également avec le compositeur Fathy Salama aux côtés de Youssou N’Dour, notamment sur un album récompensé par un Grammy Award du meilleur album de musique du monde.
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