Tétramorphe III · Le Lion
8 juillet – fin septembre 2026
12 septembre : réservé aux invités de la Garden Party13 septembre : fermeture exceptionnelleCet événement est passé
Art
Son œuvre se développe dans une dimension où le fantastique joue avec le rêve. Ses créatures imaginaires voyagent et rencontrent des personnages et des décors à la croisée du théâtre et du cinéma, autant de projections pertinentes, oniriques et ironiques de la réalité. Les supports de son expression artistique en deux ou trois dimensions se conjuguent sur les registres d’une grande variété technique.
Si l’univers aux couleurs vives et intenses de René Myrha prend des formes variées, qui vont des natures mortes aux complexes compositions de personnages, en passant par les paysages et les représentations architecturales, son œuvre se caractérise par le jeu auquel il se livre avec les niveaux de réalité. Inlassablement, l’artiste s’attache à briser le rapport entre l’intérieur et l’extérieur, entre la scène et l’image, jusqu’à franchir le seuil qui sépare les spectatrices et les spectateurs de l’espace image, pour renouveler son exploration. Peintre et sculpteur, René Myrha est né à Delémont le 7 mai 1939. De son vrai nom René Pagnard, il réside aux Breuleux avec son épouse, l’écrivaine Rose-Marie Pagnard. Il a étudié à l’École des Arts visuels à Bienne (1956-1958). En 1960, il travaille dans un atelier publicitaire à Milan. Il y vit deux ans et y présente sa première exposition personnelle. En 1963, il s’installe à Bâle. Dès lors, les expositions se succèdent. En 1985, il s’installe aux Breuleux dans le Jura suisse.
S’inspirant du pop art qui émergeait en Suisse à l’époque, René Myrha développe, depuis le début des années 60, son champ artistique à travers une création aussi onirique que narrative. Aujourd’hui encore, sa démarche nourrit une œuvre en constante effervescence.
L’histoire de la présence de René Myrha au Tétramorphe III commence à la Maison du Directeur de la Saline Royale d’Arc-et-Senans, où l’exposition Mystification – Architecture et Cinéma : La Quête de l’Illusion marque le début du voyage du Collectionneur d’Illusions.
Au sommet de l’escalier monumental conçu par Claude-Nicolas Ledoux se dresse une créature imposante imaginée par René Myrha, évoquant le Commandeur de Molière. Dans ses bras repose le Collectionneur d’Illusions qui, en quête de liberté, s’échappe de son étreinte pour entreprendre une aventure extraordinaire.
Son périple prend vie sur les écrans géants du Centre des Lumières. À travers huit séquences immersives, le spectateur découvre l’univers onirique de René Myrha, où couleurs éclatantes, formes théâtrales et créatures imaginaires dialoguent, dansent et chantent sur la scène de la mystification et de l’illusion.
Après son voyage fantastique à travers l’univers magique de René Myrha, le Collectionneur d’Illusions arrive au Château de Roche, où il est accueilli par la Grande Dame du château.
Elle l’invite à entrer et lui propose de séjourner sur place. Après tant d’aventures, il a peine à croire ce qu’il voit.
Le château se dévoile progressivement devant lui. Du hall d’entrée et de l’escalier monumental aux caves voûtées et aux galeries élégantes, chaque espace le plonge davantage dans le récit en cours. Partout où il pose le regard, les personnages extraordinaires de René Myrha semblent habiter les lieux, transformant le château en un univers où réalité et illusion se confondent.
Guidé par la Grande Dame, le Collectionneur poursuit son voyage à travers le château jusqu’à atteindre la magnifique Salle des Glaces, où commence le prochain chapitre de son aventure.
Les thèmes dominants de l’iconographie pop, vie quotidienne, mobilité, modernité, fascinent René Myrha. Il se passionne et ses œuvres de la fin des années 60 et de la décennie suivante en témoignent. Il utilise de façon récurrente des formes naturelles telles que nuages, arc-en-ciel, montagnes ou cours d’eau. L’ensemble de ses constructions recourt à une scénographie spatiale, fondée sur le registre des formes graphiques et géométriques du Pop Art. Sans la moindre présence humaine, les tableaux de la série des Portes suggèrent mouvement et espace. Ils invitent à une réflexion sur la relation entre la nature, l’urbanisme et l’être humain. René Myrha pose ainsi les jalons vers une ère nouvelle avec une mise en scène révélant les coulisses vides.
Dans la seconde moitié des années 1970, René Myrha introduit dans sa peinture deux acteurs cruciaux pour l’évolution de son œuvre : la boîte spatiale et la figure humaine. Il s’agit des Créatures d’intérieur où des figures féminines stylisées dialoguent avec des plantes ou des animaux. Un récit mystérieux commence à se tisser et à dérouler ses cycles tels des chapitres dans des espaces théâtraux et des lieux domestiques peuplés d’étrangeté.
« …il me semble que tout en créant ces sortes de fausses architectures, je voyais qu’une figure humaine aurait très naturellement pu se dresser là, sur un socle, ou surgir de l’encadrement d’une porte… Et c’est ce qui s’est produit, comme une nécessité, une manière inévitable d’aller vers l’essentiel, l’être humain » (Entretien avec René Myrha par Philippe Büttner, 2006).
« L’essentiel, l’être humain », ses relations dans ce théâtre qu’est le monde, son imaginaire, ses peurs et ses espoirs : c’est cela qui est au cœur de l’œuvre de René Myrha.
« La paire de ciseaux, posée sur le carton blanc, ne craint pas le papier noir. La lame du cutter non plus. Alors ces deux outils se décident à tailler dans le vif. Ils se donnent le mot et s’amusent à découper.
Puis, le maître d’œuvre engage la traduction simultanée de la pensée et de l’imaginaire. Le geste est volontaire et précis. Il y a du couperet dans l’air, une belle et folle habileté dans les doigts.
Au passage, les formes naissent, prennent corps, se frôlent, disparaissent et reviennent. Sans mot dire. Un jeu, mieux encore, une parade.
Héritage du Japon ou influence chinoise ? Peu importe l’origine de la technique ! Les personnages se regardent, sourient et se mettent à vivre. Curieux, non ?... » (C.S. in « Un temps chasse l’autre », MAM, 2017)
Musique
Szuhwa Wu a ouvert le Tétramorphe III par une courte improvisation inspirée d’Andrew Norman, suivie de « Rick O’Shea », extrait de Violin Spaces de Garth Knox.
Violoniste formée à la Juilliard School, où elle obtient sa licence puis son master, elle poursuit à la Haute école des arts de Zurich auprès de Zakhar Bron et de Nora Chastain. Parallèlement au violon, elle étudie la littérature comparée à Columbia et obtient un master d’ethnomusicologie à Harvard ; son jeu circule entre interprétation historiquement informée et répertoire contemporain.
Elle s’est produite avec l’Ensemble Intercontemporain, Les Siècles et l’Orchestre de la Lucerne Festival Academy, et en soliste avec Chaarts, l’Ensemble XXI.n et le Lucerne Festival Alumni Orchestra, aux côtés de musiciens tels que Mischa Maisky et, à la direction, Pierre Boulez. Ses concerts l’ont menée au Lincoln Center, à la Philharmonie de Paris, à l’Elbphilharmonie et au Théâtre national de Taipei.
En 2020, elle fonde le festival POTE, Playing On The Edge. Elle est professeure de violon et de musique de chambre au Conservatoire de Besançon.
Visiter